Mon expérience de l’allaitement : deux ans de don de soi, de fatigue et d’amour

7 mars 2026 | maternité | 0 commentaires

Bienvenue dans Mumories, un projet dédié aux récits vrais et sans filtres sur la maternité. Ici, chaque histoire compte, qu’elle soit douce, brutale, joyeuse ou bouleversante. Après mon témoignage sur mes 18 premiers mois de post-partum, je vais te partager mon expérience sur l’allaitement avec mon fils de 22 mois entre difficultés rencontrées, fatigue et amour immense.

Avant de devenir maman, c’est difficile de s’imaginer comment pourrait se passer un allaitement. Chaque expérience est unique et tant qu’on ne vit pas, on ne peut pas comprendre et imaginer ce que c’est. Mais, si mon témoignage peut t’aider, te rassurer, je le partage avec joie.

Je ne me suis pas mise de pression quant à l’allaitement, mais j’avais vraiment l’envie de le faire. Avec le recul, je peux te dire que c’est la plus belle expérience vécue.

La tétée de bienvenue & les premiers jours

La tétée de bienvenue a été incroyable. Un peu laborieuse, car je ne savais pas exactement comment l’installer, mais ça s’est fait. La sensation était assez étrange, un peu désagréable au début. Il faut que le corps s’y habitue. Les tétons étaient sensibles les premiers jours/semaines, avec quelques contractions pendant les tétées (les fameuses tranchées).

Et pourtant… les sensations étaient incroyables. Voir son enfant se nourrir de ce que ton corps fabrique.

Les premiers jours, nous n’avons pas encore du lait, mais du colostrum, que nous commençons à produire pendant la grossesse. J’ai eu ma montée de lait à J+2 après l’accouchement.

La montée de lait : mon plus gros choc

Les douleurs ont été atroces. Une montée +++. J’avais les glandes mammaires pleines jusque sous les aisselles.

Oui, j’ai aussi découvert que nous avions plusieurs “poches de lait” dans les seins. Ma poitrine était du béton à ce moment-là. J’avais l’impression d’exploser.

Je préfère être honnête en te partageant mon expérience, mais je ne veux pas te faire peur. Chaque femme vit une montée de lait différente. Je connais des mamans qui n’ont pas du tout eu mal, d’autres qui n’ont même pas ressenti la montée de lait ^^ Nous ne fabriquons pas toutes la même quantité non plus, et elle se régule durant plusieurs semaines.

À ce moment-là, je n’arrivais même pas à faire de l’expression manuelle (tirer son lait avec les doigts) pour me soulager. J’avais énormément de lait. Cela m’a empêchée de dormir toute la nuit… alors que mon fils dormait bien sur moi ^^

Dans mes idées reçues et d’après ce que j’avais lu, ce n’était pas bon de tirer son lait durant les premières semaines. Finalement, on peut. Et ça m’aurait permis de soulager cet engorgement qui a, en plus, entraîné une baisse de lactation au retour à la maison. Résultat : un bébé qui n’avait pas pris assez de poids.

Fort heureusement, ma sage-femme a été de très bons conseils et je me suis renseignée de mon côté. Tout est vite rentré dans l’ordre. Mais ce n’est pas la possibilité pour toutes.

Ce que je n’avais pas anticipé

Je ne connaissais pas beaucoup de positions d’allaitement. Et oui, il n’y en a pas qu’une qui existe ^^

Avec le recul, même si les sage-femmes à la maternité étaient présentes, même si nous parlions d’allaitement pendant les cours de préparation à l’accouchement, nous ne partons pas vraiment avec tous les outils en main.

Personnellement, j’imaginais qu’il suffisait de mettre son enfant au sein et que la nature ferait les choses. Mais pas du tout.

Il faut, surtout les premiers jours :

  • bien positionner le sein dans sa bouche pour une bonne prise,
  • bien installer bébé,
  • se mettre à l’aise soi-même,
  • ajuster, observer, corriger.

Ça se prépare, un allaitement.

Je te conseille grandement, si tu souhaites allaiter (premier bébé ou non) de consulter une conseillère en lactation. Ce sont souvent des infirmières ou des sages-femmes formées spécifiquement. Elles ont davantage de connaissances, sont à jour des dernières données scientifiques et savent accompagner les douleurs, les problèmes de prise de poids, les baisses de lactation, etc.

Je sais que pour un deuxième enfant, malgré presque deux ans d’allaitement aujourd’hui, je consulterais. Pour avoir un maximum de clés en main et anticiper les obstacles. Voici quelques consultantes en lactation que tu peux suivre et contacter sur instagram, j’ai entendu que de bons retours et elles proposent plein de contenu éducatifs sur le sujet : Emmallaitement, bebeo.lait, naitsens.

Un allaitement, ça s’entretient

J’avais cette impression que tout allait forcément bien. Mais ce que j’ai appris durant ces deux dernières années, c’est qu’un allaitement, ça s’entretient.

On peut rencontrer : des crevasses, des mastites, des baisses de lactation…

Mais je te le dis : c’est aussi énormément de bonheur et d’amour.

Avec le recul, je comprends aussi que ce n’est pas fait pour toutes les femmes. Si nous ne sommes pas accompagnées quand on rencontre des difficultés, si nous ne nous sommes pas renseignées en amont, si nous ne sommes pas soutenues à la maison… on peut vite abandonner.

Et c’est un véritable don de soi.

Les premiers mois : intensité maximale

J’avais du mal à croire quand je lisais que vers 6 mois, c’est “easy” et du pur bonheur.

Avant ? Oui c’est du bonheur. Mais jusqu’à 4–6 mois, si on allaite exclusivement au sein, on a littéralement l’impression de passer notre vie à faire ça. Qu’il est pendu au sein H24.

Pourtant, j’ai un fils glouton qui buvait en maximum 15 minutes. Mais toutes les 2–3 heures. Sans compter les poussées de croissance où ça pouvait être toutes les 30–45 minutes.

C’est énergivore. Tu essaies de prendre du temps pour toi, mais le temps est chronométré avant la prochaine tétée. Il est dépendant de nous. Et nous sommes dépendantes de lui aussi. C’est vertigineux parfois. Cette peur qu’il nous arrive quelque chose et que nous ne soyons plus là pour le nourrir.

Et après… je confirme. C’est encore plus magique. Mon fils maîtrisait la succion, il tenait sa tête, je pouvais allaiter plus facilement partout. Ça devient plus simple. Plus fluide. Plus naturel.

Chaque allaitement est différent. Chaque enfant tète différemment. On rencontre plus ou moins de difficultés. On a des ressentis différents aussi.

La charge mentale dont on parle peu

On n’en parle pas assez. Toujours penser à : être disponible, porter des vêtements adaptés, parfois se cacher si on n’est pas à l’aise, gérer les remarques…

Et le tire-allaitement quand on reprend le travail… olala. Trouver une pièce. Du temps. Espérer ne pas avoir oublié une pièce du tire-lait (du vécu ? évidemment ^^). Mettre le lait au frais. Ne pas l’oublier le soir (du vécu aussi…). Laver le matériel. Vous êtes des warriors, les mamans qui le font.

Le regard des autres

J’ai beaucoup de chance : je n’ai jamais eu de remarque désobligeante sur le fait que j’allaite mon fils. Que ce soit en public, ou par rapport à son âge, bientôt 2 ans.

Alors oui, peut-être que j’ai été critiquée par derrière ^^ Dans les deux cas, je m’en contre-fiche.

C’est mon corps.
C’est moi qui l’allaite.
Je fais bien ce que je veux.

Les gens se déshabillent pour aller à la piscine, à la plage, sont torse nu sans que ça ne choque personne… et certains seraient choqués de voir une maman nourrir son enfant ? Le monde à l’envers.

témoignage allaitement 22 mois

Le sevrage

À presque 22 mois, mon fils tète toujours.

Il y a des journées où il tète seulement pour la sieste et l’endormissement du soir. Et puis parfois, quand il a mal aux dents, quand il est fatigué, il va téter aussi dans la journée.

Parce que oui, je ne l’avais pas précisé avant, mais l’allaitement ce n’est pas que nourrir.
Il y a les tétées nourrissantes, les tétées rassurantes, les tétées câlinantes.

Le sevrage naturel peut se faire à partir de 2 ans et demi. Pour l’instant, je suis encore en phase avec le fait d’allaiter. On verra jusqu’où cela nous mènera.

Je sais d’avance que ce sera un petit déchirement. Un deuil à faire. Parce que l’allaitement, c’est un lien unique, indescriptible, avec son enfant.

J’allaite mon fils depuis bientôt deux ans. J’ai l’impression d’avoir fait ça depuis toujours. Quand ça s’arrêtera, j’aurai sûrement l’impression qu’il me manquera une partie de moi. Ce sera un rôle qui se terminera.

Mon rapport à mon corps

C’est assez étrange de voir son corps changer. Déjà pendant la grossesse, mais aussi pendant l’allaitement. Il y a une part de moi qui est devenue plus décomplexée. Je n’ai jamais eu autant les boobs à l’air depuis que j’allaite ^^

Mais il faut aussi réussir à se réapproprier son corps. Au début, pour ma part, mes seins étaient énormes. Puis, au fil du temps, leur volume a diminué avec l’avancée de l’allaitement.

Parfois, on a cette impression de servir uniquement à nourrir. D’appartenir à son enfant. Et en même temps, on est aussi une femme, à côté.

L’allaitement la nuit

Oh… le nombre d’idées reçues que j’ai lues à ce sujet. Et auxquelles j’ai failli croire, d’ailleurs. Je te rassure tout de suite si tu penses la même chose : non, il n’y a pas de lien direct entre allaitement et enfant qui ne fait pas ses nuits.

Oui, c’est vrai, mon fils de 22 mois ne fait toujours pas ses nuits (ou plutôt nos nuits ^^). Mais ce n’est pas à cause de l’allaitement. Il y a des enfants nourris au biberon qui ne font pas leurs nuits, et des enfants allaités qui les font très bien ^^

Parfois, j’en ai marre d’allaiter la nuit. J’aimerais dormir plusieurs heures d’affilée. Mais soyons honnêtes : ce serait pareil au biberon. Ce que je peux te dire, c’est que je n’ai zéro regret d’allaiter. Et encore moins la nuit. Merci les hormones qui nous aident à récupérer plus vite. Pas besoin de se lever, pas de biberon à préparer : tout est à domicile ^^ Il est malade, a mal aux dents, a du mal à s’endormir… pouf, au sein ^^ Il faut bien qu’il y ait des avantages aussi.

Le rôle du papa

Pour moi, l’allaitement aurait été complètement différent sans mon conjoint, le papa de notre fils.

On peut avoir l’impression que quand on décide d’allaiter, le papa est mis de côté. Pas du tout.

Les premières semaines, c’est lui qui me l’amenait pour les tétées. Il me préparait des encas. Ma gourde (allaiter donne soif !!!). Il lui donnait le bain, le berçait, lui faisait des câlins.

Même s’il ne me l’a jamais vraiment dit, je sais qu’il est reconnaissant que je l’aie allaité et que je l’allaite encore.

Le lait maternel est ce qu’il y a de meilleur pour les bébés scientifiquement parlant, sans dénigrer évidemment les bébés nourris au lait artificiel.

Les moments de doute… et tout le reste

Je ne vais pas dire qu’il n’y a pas eu des moments où je me suis dit :

“Ce n’est pas possible, il tète toutes les 10 minutes.”
“Quand est-ce qu’il va me laisser 20 minutes seule ?”
“Je ne vais jamais dormir…”

Mais comme pour la parentalité en général, je me rappelle toutes les raisons pour lesquelles j’adore allaiter :

  • Les jeux de regard pendant les tétées. Les petites papouilles qu’il me faisait. Quand il était malade et que la seule chose qu’il acceptait, c’était le sein.
  • Toutes les fois où il n’a pas attrapé de maladie, sûrement grâce à mon immunité.
  • Le lait maternel qui a aidé pour son acné du nourrisson, ses rhumes, ses érythèmes fessiers.
  • Quand il est heureux de me retrouver après la MAM (maison des assistantes maternelles) et qu’il vient téter.

Tous ces jolis moments valent tout l’or du monde.

Mes essentiels d’allaitement

Voici ce qui m’a réellement aidée depuis ces 22 mois d’allaitement :

  • Les brassières d’allaitement : Indispensables pour moi, surtout avec une poitrine conséquente les premiers mois.
  • Les coussinets d’allaitement lavables : Une nécessité au début. J’avais énormément de fuites. Le côté lavable est plus confortable et plus écologique quand on en utilise H24.
  • Crème à la lanoline + coquillages d’allaitement : Je mettais mon propre lait sur les tétons, puis la lanoline, puis les coquillages pour éviter les frottements.
  • Une gourde : Allaiter donne soif, vraiment ^^ (J’ai d’ailleurs expliqué dans ce post pourquoi allaiter donner soif ^^)
  • La nourriture : Allaiter demande énormément d’énergie. On brûle beaucoup de calories. Zéro frustration. Mange à ta faim. Tu nourris ton bébé et toi-même. C’est normal de manger plus.
  • Un bon tire-lait et de bonnes téterelles : La taille des téterelles est essentielle. Et elle évolue. Oui, la taille des tétons change aussi 😅
  • Des sachets de conservation pour le lait : Indispensables si tu t’absentes ou reprends le travail.
  • Un coussin d’allaitement : Pour être à l’aise, surtout les premières semaines.
  • Une veilleuse : Pour les tétées nocturnes… ça sauve.

Peu importe la manière dont on nourrit son enfant, l’essentiel reste l’amour et la présence. L’allaitement a été mon choix, mon expérience. Chaque expérience est vécue différemment. Allaiter ou non, ne définit pas la valeur d’une mère.

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